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IGGY POP & THE STOOGES


Ann Arbor est une ville située à quelques dizaines de kilomètres de Detroit, James Osterberg, alias Iggy Pop, y a suivi ses études et créé quelques formations éphémères. En 1967, il retourne près d'un ancien disquaire où il a déjà travaillé et y retrouve deux connaissances : les frères Asheton. Ron et Scott sont deux jeunes délinquants, mais ils ont déjà formé un groupe avec un certain Dave Alexander. Fort de ce quatuor de musiciens amateurs, Iggy Pop décide de monter une formation aux influences blues et psychédéliques. Après quelques essais, dont Iggy Pop à la batterie ou Ron Asheton à la basse, la formule Stooges est trouvée : Iggy Pop au chant, Ron Asheton à la guitare, Scott Asheton à la batterie et Dave Alexander à la basse. Leur premier concert se déroule au Grand Ballroom fin 1967, c'est le début des galères, petits concerts et autres premières parties. A la fin de l'année 1968, ils signent avec la maison de disque Elektra (The Doors, Love...). Leur premier album sorti, les Stooges continuent à jouer, flanquant une claque à toute la génération hippie. Car c'est en concert que les Stooges explosent, propulsés par un Iggy Pop abusant de drogues et de violence. C'est cette énergie donnée en concert qu'ils vont essayer de retranscrire en studio. L'album est bouclé en deux semaines. Il est porté par les hymnes urbains d'une jeunesse qui s'ennuie (« Down on the street », « 1970 »), marqué par les compositions simples mais dévastatrices de Ron Asheton et le charisme d'Iggy Pop. Sorti mi 70, c'est une grande réussite, mais le groupe étouffe à Los Angeles (« L.A. blues ») et s'en retourne vite à la Fun House. C'est le début des problèmes, les Stooges, de plus en plus sauvages, se retrouvent avec un Dave Alexander trop saoul pour jouer, il sera viré après plusieurs concerts catastrophiques. Un roadie, Zeke Zettner, encore plus incompétent, le remplace. Au cours d'une audition Ron Asheton retrouve une ancienne connaissance : James Williamson, il s'avère meilleur guitariste que lui qui reprendra le rôle de bassiste. Cette nouvelle formation semble relancer le groupe grâce aux bonnes compositions de Williamson, mais Elektra les refuse. James devient l'alter ego d'Iggy, amis de défonce, ils sombrent la tête la première dans l'héroïne, tout le groupe suit cette descente aux enfers et Ron se sent de plus en plus isolé (il ne prend pas de drogues). Le groupe est dissous officiellement le 8 juillet 1971. Tout semble terminé, Iggy Pop s'envole pour New York et la Fun House est détruite pour laisser place à une autoroute. Iggy Pop, alors en cure de désintoxication, rencontre David Bowie qui lui présente son manager : Tony DeFries, ils signent ensemble un contrat pour deux disques et s'envolent pour l'Angleterre accompagnés de James Williamson. Iggy cherche une rythmique, il rappelle alors les frères Asheton, le groupe se reforme le 6 juin 1972. En 1973, ils enregistrent l'album Raw power. C'est en ami que David Bowie travaille sur le mixage de Raw Power : l'album est une réussite, il pose les bases d'un punk-rock destructeur à la violence extrême et au nihilisme suicidaire. Son influence sur les punks de 77 sera évidente et des hymnes comme « Search and destroy » ou « Penetration » marqueront du sceau de l'anarchie le début des années 70, pourtant en pleine poussée du rock progressif. Mais les Stooges n'en finissent plus de sombrer dans la démence, les drogues et l'autodestruction. Le groupe donne un ultime concert en février 1974. Iggy Pop poursuivra sa carrière en solo, accompagné par David Bowie, qui saura lui sortir la tête de l'eau au bon moment. Dave Alexander et le roadie Zeke Zettner meurent en 1975 d'overdose et de malnutrition lié à l'alcoolisme. Les frères Asheton eux survivront de formation en formation et ré-apparaîtront sur un album solo d'Iggy Pop : Skull Ring. Le groupe se reforme d'ailleurs dans la foulée en 2003 à l'occasion du Bol d'or en France. Depuis ils continuent à donner des concerts où l'énergie et le rock 'n roll de leurs débuts font frémir plusieurs générations de fans. Normal : les Stooges ont su incarner en l'espace de trois albums une folie libératrice que le rock n'osait plus espérer et ont ouvert la brèche d'un punk-rock simple et efficace dans laquelle se sont engouffrés les kids de la fin des années 70.

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